Médecine de garde : les Bouches-du-Rhône passent de près de 40 secteurs à 17
Le nouveau cahier des charges de la permanence des soins ambulatoires est entré en vigueur le 1er octobre en Paca. Il redécoupe les secteurs de garde et revalorise les astreintes des médecins.
Par Thomas Reynaud · Journaliste
3 min de lecture

Le nouveau cahier des charges de la permanence des soins ambulatoires (PDSA) en médecine générale est entré en vigueur le 1er octobre 2026 en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Dans les Bouches-du-Rhône, l'organisation des gardes passe de près de 40 secteurs à 17. L'Agence régionale de santé Paca l'a annoncé le jour même dans un communiqué.
Qu'est-ce que la permanence des soins ambulatoires ?
La PDSA permet d'obtenir une réponse médicale en dehors des horaires d'ouverture des cabinets : le soir, la nuit, le week-end et les jours fériés. Le dispositif repose sur la régulation médicale, c'est-à-dire l'appel au 15, qui évalue la situation du patient et l'oriente.
Selon l'ARS, cette orientation peut prendre trois formes :
- un conseil médical donné par téléphone ;
- une consultation auprès d'un médecin de garde ;
- une prise en charge par les services d'urgence lorsque l'état du patient le nécessite.
L'agence insiste sur ce point dans sa communication : l'accès au médecin de garde passe par le 15, et non par une démarche directe.
Pourquoi le découpage des secteurs change-t-il ?
L'ARS Paca indique avoir engagé cette révision dès la fin 2025. Elle est, précise l'agence, le résultat de huit mois de concertation avec les professionnels de santé, les représentants des territoires, les CPTS, le SAMU-Centre 15, les établissements de santé et les instances départementales.
La nouvelle sectorisation a été construite à partir des besoins de soins non programmés, des ressources médicales disponibles et des dynamiques territoriales. L'agence met en avant plusieurs critères qui ne jouent pas de la même façon selon les endroits : la démographie médicale, la population, l'activité de soins non programmés et l'éloignement des services d'urgence.
Dans les Bouches-du-Rhône, le passage de près de 40 secteurs à 17 doit aboutir à des territoires plus homogènes en population et en activité. Des secteurs plus larges permettent, selon l'ARS, de mutualiser les ressources médicales, de faciliter l'organisation des gardes et de bâtir une réponse à l'échelle des bassins de vie.
Que prévoit le texte pour les patients qui ne peuvent pas se déplacer ?
L'ARS annonce une attention particulière portée aux patients qui ne peuvent pas se rendre chez un médecin. Plusieurs départements prévoient de renforcer ou de développer les lignes de visite à domicile, notamment à certaines périodes de l'année ou dans les secteurs où les déplacements sont plus difficiles. Le communiqué ne détaille pas le nombre de lignes concernées dans les Bouches-du-Rhône.
Combien l'ARS investit-elle pour les médecins de garde ?
La participation à la PDSA relève du code de déontologie médicale et repose sur le volontariat des médecins généralistes, rappelle l'agence. Pour renforcer l'attractivité du dispositif, le cahier des charges revalorise la rémunération de certaines gardes, en particulier celles qui associent consultations et visites à domicile, et celles dédiées aux visites. Les montants des forfaits d'astreinte des médecins effecteurs n'avaient pas été revalorisés depuis plusieurs années.
Cette révision s'accompagne d'un investissement supplémentaire de près de 3 millions d'euros par an. L'ARS Paca, qui doit par ailleurs installer sa nouvelle conférence régionale de la santé le 5 octobre à Marseille, présente cette dépense comme une reconnaissance de l'engagement des praticiens qui assurent la permanence des soins.
Le dispositif peut-il encore bouger ?
L'agence indique que le cahier des charges n'est pas figé. Les organisations mises en place feront l'objet d'un suivi régulier, à partir des données d'activité, des retours des professionnels et du dialogue avec les territoires. Ces évaluations pourront conduire à faire évoluer les organisations.


