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Abolition de la peine de mort : 45 ans après, le souvenir des Baumettes

L'Assemblée nationale a voté l'abolition de la peine de mort le 18 septembre 1981. Quatre ans plus tôt, la dernière exécution en France avait eu lieu à la prison des Baumettes, à Marseille.

Par · Journaliste

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Photo d'illustrationCrédit : Magda Ehlers / Pexels, Licence Pexels

Il y a 45 ans jour pour jour, le 18 septembre 1981, l'Assemblée nationale votait l'abolition de la peine de mort, défendue par le garde des Sceaux Robert Badinter. La loi est promulguée le 9 octobre suivant et fait de la France le 36e État abolitionniste. La Ville de Marseille rappelle que la dernière exécution du pays s'était déroulée quatre ans plus tôt, dans la cour de la prison des Baumettes.

Qui était le dernier condamné à mort exécuté en France ?

Le 25 février 1977, la cour d'assises des Bouches-du-Rhône, qui siège à Aix-en-Provence, condamne à mort Hamida Djandoubi, âgé de 28 ans, pour assassinat après tortures et actes de barbarie, viol et violences avec préméditation sur la personne d'Élisabeth Bousquet. Son pourvoi en cassation et son recours en grâce sont rejetés.

Il est guillotiné le matin du 10 septembre 1977, à 4h40, aux Baumettes. Il est le troisième condamné à mort exécuté sous le septennat de Valéry Giscard d'Estaing, qui avait dit son « aversion profonde pour la peine de mort » tout en repoussant l'ouverture d'un débat national.

Que raconte la magistrate présente à l'exécution ?

Monique Mabelly, doyenne des juges d'instruction de Marseille, est commise d'office pour assister à l'exécution. De retour chez elle, elle consigne quelques notes sur la scène, indique la Ville de Marseille : « Il faut vite effacer les traces du crime. J'ai une sorte de nausée, que je contrôle. J'ai en moi une révolte froide. »

Quel rôle les avocats marseillais ont-ils joué ?

À l'époque, le combat abolitionniste se mène surtout dans les prétoires, et le barreau de Marseille y tient une place. Trois noms reviennent :

  • Paul Lombard, qui dénonce une « barbarie » mais ne parvient pas à sauver Christian Ranucci, avant-dernier condamné à mort exécuté ;
  • Émile Pollak, défenseur d'Hamida Djandoubi, également avocat de Gaston Dominici, condamné à mort puis gracié, et des frères Guérini ;
  • Nicole Pollak, sa fille, qui obtient avec Robert Badinter des circonstances atténuantes pour Michel Bodin.

La même année 1977, Robert Badinter évite la peine capitale à Patrick Henry, qui écope de la réclusion criminelle à perpétuité pour l'assassinat d'un petit garçon. L'avocat s'appuie sur ce procès pour faire celui de la peine de mort, interpellant les jurés : « On abolira la peine de mort, et vous resterez seul avec votre verdict, pour toujours. »

Que dit le discours du 17 septembre 1981 ?

La veille du vote, le 17 septembre 1981, Robert Badinter, devenu ministre de la Justice de François Mitterrand, défend son projet de loi pendant une heure et demie dans l'hémicycle. Il convoque Lepeletier de Saint-Fargeau, auteur d'un plaidoyer abolitionniste en 1791, puis Hugo, Camus, Gambetta, Briand, Clemenceau et Jaurès.

« Demain, grâce à vous, la justice française ne sera plus une justice qui tue », lance-t-il aux députés, avant d'évoquer la fin des « exécutions furtives, à l'aube, sous le dais noir, dans les prisons françaises ».

Où se trouve aujourd'hui la guillotine des Baumettes ?

La machine n'a pas disparu. Le Mucem conserve plusieurs bois de justice parisiens ainsi que la guillotine modèle Berger 1872 des Baumettes, précise la Ville de Marseille. L'établissement figure parmi les musées de Marseille et leurs collections permanentes. La loi du 9 octobre 1981 a mis fin à la peine capitale en France.

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Rubriques :Marseille