Fibre Excellence à Tarascon : l'État confie la mise en sécurité du site à l'Ademe
Faute d'action des liquidateurs, l'État charge l'Agence de la transition écologique des travaux d'urgence sur le site Seveso de Tarascon, au bord du Rhône. La facture sera réclamée aux liquidateurs.
Par Thomas Reynaud · Journaliste
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L'État a décidé vendredi 18 septembre de confier à l'Agence de la transition écologique (Ademe) les travaux de mise en sécurité du site de Fibre Excellence Provence, à Tarascon. Le ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a donné son accord au préfet des Bouches-du-Rhône, qui doit prendre un arrêté de travaux d'office. L'information a été communiquée par le ministère et reprise par Destimed, France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur et Gomet'.
Pourquoi l'État se substitue-t-il aux liquidateurs ?
Depuis l'arrêt de l'activité et la mise en liquidation de l'usine de pâte à papier, d'importants volumes de bois, de produits chimiques et de déchets restent stockés sur le site. Les services de l'État ont pris des arrêtés de mesures d'urgence, puis des mises en demeure et des réquisitions adressées aux liquidateurs.
Ces prescriptions n'ont pas été exécutées, selon le ministère. Elles portaient notamment sur la remise en service de la station d'épuration et du réseau de lutte contre les incendies. L'arrêté de travaux d'office est la procédure qui permet à l'administration de faire réaliser elle-même les opérations quand le responsable ne les mène pas.
Qu'a constaté l'inspection du 15 septembre ?
Une visite conjointe de l'inspection des installations classées et de l'Ademe a eu lieu le 15 septembre. Elle a confirmé la présence, sur l'ensemble du site, de bois, de produits dangereux et de déchets. Le ministère relève en particulier des déchets dangereux liquides, composés majoritairement de liqueurs issues du procédé industriel.
Ce constat rend urgente, pour l'État, la remise en fonctionnement du réseau de lutte contre les incendies.
Quels risques l'État met-il en avant ?
Le site est classé Seveso et se trouve à proximité immédiate du Rhône. Les pouvoirs publics identifient trois risques :
- l'incendie, alors que les utilités de l'usine sont à l'arrêt ;
- le déversement de produits dangereux stockés sur place ;
- la pollution du Rhône.
Le gouvernement qualifie la situation d'urgence impérieuse. Le ministère indique que l'intervention vise la protection des populations et de l'environnement. Dans le département, où les épisodes de pollution atmosphérique font l'objet de vigilances régulières, les rejets industriels dans le milieu naturel sont suivis par l'inspection des installations classées.
Qui paiera les travaux ?
L'intervention de l'Ademe ne signifie pas que l'État assumera le coût final des opérations. Le ministère précise que le montant de la facture sera adressé aux liquidateurs de Fibre Excellence Provence. Le calendrier des travaux et leur montant n'ont pas été communiqués.
Quelles conséquences pour le fleuve et le littoral ?
Aucune mesure de restriction n'a été annoncée à ce stade sur le Rhône ni sur les communes situées en aval. Les contrôles de la qualité des eaux de baignade relèvent d'un autre dispositif : sur le littoral marseillais, les interdictions sont prononcées au cas par cas et recensées dans notre suivi des plages interdites à la baignade.
Le préfet des Bouches-du-Rhône n'avait pas encore publié l'arrêté confiant les opérations à l'Ademe à la date de l'annonce.

