Monoxyde de carbone : 183 personnes intoxiquées en Paca lors de la dernière saison de chauffe
L'ARS Provence-Alpes-Côte d'Azur a publié le 29 octobre son rappel de prévention des intoxications au monoxyde de carbone. Quarante-huit épisodes ont été signalés dans la région en 2025-2026.
Par Thomas Reynaud · Journaliste
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L'Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur a publié le 29 octobre son rappel de prévention des intoxications au monoxyde de carbone, à l'entrée de la période de chauffe. Au cours de la saison 2025-2026, 48 épisodes d'intoxication accidentelle ont été signalés dans la région, impliquant 183 personnes. Aucun décès n'a été recensé, indique l'ARS.
Combien de personnes sont touchées chaque hiver ?
Le nombre d'épisodes reste à peu près stable d'une saison à l'autre, mais celui des personnes impliquées progresse, selon l'agence.
| Période de chauffe | Personnes impliquées |
|---|---|
| 2022-2023 | 137 |
| 2023-2024 | 160 |
| 2024-2025 | 178 |
| 2025-2026 | 183 |
Depuis le début de la surveillance en 2006, près de 200 personnes intoxiquées sont signalées chaque année en Provence-Alpes-Côte d'Azur. À l'échelle nationale, le monoxyde de carbone est responsable chaque année de près de 3 000 intoxications et d'une centaine de décès.
Pourquoi ce gaz passe-t-il inaperçu ?
Le monoxyde de carbone est un gaz toxique, invisible, inodore et non irritant. Il peut être émis par des appareils à combustion défectueux, mal entretenus ou mal utilisés : chauffage, chauffe-eau, cuisinière ou poêle. Tous les combustibles sont concernés, qu'il s'agisse de bois, de gaz, de charbon, de fioul ou de pétrole.
Les premiers signes sont des maux de tête, une fatigue inhabituelle, des nausées ou une confusion mentale. Les formes graves peuvent entraîner une perte de connaissance, des troubles neurologiques ou cardiovasculaires, un coma, voire la mort. L'ARS cite comme particulièrement vulnérables les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées et les personnes ayant des antécédents cardiovasculaires ou pulmonaires.
Que faire en cas de suspicion ?
L'agence demande d'agir immédiatement si des symptômes apparaissent alors qu'un appareil à combustion fonctionne, si plusieurs personnes présentent les mêmes signes dans un même lieu, ou si un détecteur se déclenche :
- ouvrir portes et fenêtres, si cela ne retarde pas l'évacuation ;
- arrêter si possible les appareils à combustion ;
- évacuer les lieux ;
- appeler les secours depuis l'extérieur, au 15, 18 ou 112, et au 114 pour les personnes sourdes ou malentendantes ;
- ne pas réintégrer les lieux sans l'autorisation des professionnels compétents.
Comment éviter l'accident ?
Trois consignes sont rappelées par l'ARS. Avant chaque saison de chauffe, les appareils de chauffage et de production d'eau chaude ainsi que les conduits d'évacuation des fumées doivent être vérifiés par un professionnel qualifié. Le logement doit être aéré régulièrement, les entrées et sorties d'air ne jamais être obstruées, et la ventilation maintenue en état de marche pendant la période de chauffage.
Les appareils doivent enfin être utilisés selon les instructions du fabricant. Un chauffage d'appoint ne doit pas fonctionner en continu, et aucun appareil non destiné au chauffage ou à la cuisine ne doit être détourné à cet usage : cuisinière, brasero, réchaud de camping ou barbecue. Les groupes électrogènes sont à placer à l'extérieur des bâtiments. L'agence mène par ailleurs d'autres campagnes de prévention dans la région, dont ses dispositifs d'écoute pour la prévention du suicide.
Quels rassemblements sont concernés ?
L'ARS appelle à une vigilance particulière les organisateurs de manifestations culturelles, sportives ou religieuses, ainsi que les familles qui se réunissent, lors de l'utilisation de panneaux radiants au gaz. Les intoxications liées à ces équipements concernent chaque année plusieurs centaines de personnes. À Marseille, la prévention santé passe aussi par des rendez-vous de terrain comme le Village Santé installé à Frais Vallon par la Ville.


