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Aubagne : le maire mis en cause pour un prêt de matériel du centre de secours

Jean-Pierre Squillari, maire d'Aubagne, est accusé sur Facebook d'avoir obtenu du matériel des pompiers pour protéger sa maison dans le Var pendant les incendies. Il confirme le prêt et conteste tout privilège.

Par · Journaliste

3 min de lecture

Photo d'illustration
Photo d'illustrationCrédit : Jan van der Wolf / Pexels

Le maire d'Aubagne, Jean-Pierre Squillari (divers gauche), est visé depuis le 3 août par une accusation publiée sur Facebook : il aurait obtenu du matériel du centre de secours d'Aubagne pour protéger sa résidence secondaire à Barjols, dans le Var, lors de l'incendie du 26 juillet 2026. L'élu a répondu par un communiqué diffusé sur le même réseau social quelques heures plus tard. Il confirme avoir demandé ce prêt et rejette l'accusation de privilège, rapporte France 3 Provence-Alpes.

Que reproche-t-on exactement au maire d'Aubagne ?

La publication émane de Brut Aubagne, un compte Facebook que France 3 Provence-Alpes décrit comme proche de l'ancienne municipalité de droite. Intitulé « Pendant les mégafeux, du matériel d'incendie monopolisé par JP Squillari pour protéger sa résidence secondaire dans le Var », le post comptait plus de 230 mentions j'aime et 133 partages au moment où la chaîne publiait son article, le 4 août.

Selon ce texte, le maire a contacté personnellement le centre de secours d'Aubagne, en se prévalant de son grade de colonel de sapeurs-pompiers, pour obtenir :

  • une pompe portative
  • trois couronnes de tuyaux de 20 mètres
  • une lance d'attaque incendie

Brut Aubagne écrit que l'agent de garde a demandé une justification et se serait entendu répondre : « C'est un ordre et ce n'est pas le maire qui te donne un ordre mais le colonel sapeur-pompier ».

Comment Jean-Pierre Squillari se défend-il ?

Dans son communiqué, l'élu dénonce « une polémique aussi infondée qu'instrumentalisée » au sujet de « privilèges » dont il aurait bénéficié auprès du centre de secours. Il ne conteste pas la demande de matériel, qu'il justifie par « la menace virulente des mégafeux dans le Var ». Il dit avoir sollicité ce prêt « dans le seul but de protéger, de façon citoyenne » son cabanon, alors que les pompiers locaux ne pouvaient pas intervenir dans des zones jugées trop dangereuses.

Sur l'usage de son ancien grade, le maire, lui-même ancien sapeur-pompier, invoque un usage du corps : « Il est de tradition au sein du corps des sapeurs-pompiers, en période de crise majeure et de risques d'incendies élevés, de faire preuve de fraternité opérationnelle. » Il dément tout abus d'autorité et parle d'« une conversation fraternelle entre des personnes qui se connaissent et qui ont vécu ce genre de situation des dizaines de fois ». Il met en cause « une malveillance politique ».

Que dit la réglementation sur le matériel des pompiers ?

France 3 Provence-Alpes rappelle que le Code général des collectivités territoriales réserve aux professionnels l'usage du matériel du Service départemental d'incendie et de secours. Ni un mandat de maire ni un ancien grade ne permettent donc d'emprunter des équipements du SDIS.

La chaîne souligne par ailleurs que l'utilisation de moyens publics à des fins privées constitue un délit. Le matériel a été rendu le lendemain, précise-t-elle.

Où en est le dossier aujourd'hui ?

À ce stade, l'affaire reste au stade de la controverse publique. France 3 Provence-Alpes indique qu'aucune plainte n'a été déposée à sa connaissance. L'opposition municipale d'Aubagne, sollicitée par la rédaction, n'a pas donné suite.

L'incendie à l'origine de la séquence a touché la commune de Barjols le 26 juillet. Selon France 3 Provence-Alpes, le feu du Gros Bessillon a parcouru 4 500 hectares de végétation.

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