Géothermie autour de l'étang de Berre : premiers forages espérés pour fin 2027
Après deux ans de cartographie du sous-sol menée par l'Ademe et le BRGM, deux sites sont privilégiés pour des forages d'exploration : Vitrolles et Aix-en-Provence.
Par Thomas Reynaud · Journaliste
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Les premiers forages d'exploration de géothermie profonde autour de l'étang de Berre pourraient démarrer d'ici la fin de l'année 2027, pour une mise en service des installations autour de 2030. Deux communes sont visées en priorité, Vitrolles et Aix-en-Provence. L'information a été rapportée le 5 août par Made in Marseille, après la confirmation du potentiel du territoire par l'Agence de la transition écologique (Ademe) et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM).
Qu'a montré l'étude du sous-sol ?
Le programme, baptisé « Géoscan Arc », a porté sur les 29 communes situées autour de l'étang de Berre. Pendant deux ans, le sous-sol a été modélisé en trois dimensions afin de repérer les secteurs où de l'eau chaude souterraine pourrait être exploitée. Deux grands réservoirs ont été identifiés : l'Urgonien, une roche située entre 100 et 2 500 mètres de profondeur, et le Jurassique, entre 1 000 et 3 700 mètres.
Matthieu Pailler, référent géothermie, chaleur fatale et énergies renouvelables à la direction régionale Paca de l'Ademe, décrit à Made in Marseille le principe retenu : « Concrètement, il s'agit d'aller puiser de l'eau chaude dans le sous-sol, d'utiliser sa chaleur pour alimenter un réseau de chauffage, puis de la réinjecter dans son réservoir naturel. » Selon lui, cette eau se situe, suivant les secteurs, entre quelques centaines de mètres et près de 3 000 mètres sous terre.
Pourquoi Vitrolles et Aix-en-Provence ?
Les deux communes disposent déjà de réseaux de chaleur, ce qui permettrait de raccorder directement de futurs forages aux infrastructures existantes. À Aix-en-Provence, les forages devraient descendre entre 950 et 2 100 mètres, pour des températures comprises entre 55 et 85 °C. À Vitrolles, la profondeur envisagée se situe entre 1 500 et 2 200 mètres, avec des températures attendues entre 50 et 70 °C.
Ces estimations restent théoriques. Sans forage réel, des incertitudes demeurent sur la température exacte et sur le débit d'eau réellement mobilisable. C'est précisément l'objet de la phase d'exploration à venir. « Les premiers projets demandent toujours davantage de temps, mais plusieurs industriels sont déjà prêts à s'engager, ce qui est encourageant », indique Matthieu Pailler, qui espère « voir arriver les premières foreuses d'ici fin 2027 ».
Qui paierait, et qui serait chauffé ?
Dans les deux villes, les réseaux de chaleur sont exploités dans le cadre de délégations de service public. Ce sont donc les opérateurs énergétiques, et non les communes, qui investiraient dans les forages et dans l'exploitation de la ressource. L'Ademe prévoit de mobiliser son Fonds Chaleur, tandis que la Région Sud, le Département des Bouches-du-Rhône et la Métropole Aix-Marseille-Provence peuvent financer une partie des travaux de forage.
Si le potentiel se confirme, la chaleur extraite alimenterait en priorité des bâtiments aux besoins énergétiques importants :
- équipements publics comme les écoles, les piscines ou les gymnases
- copropriétés
- exploitations agricoles
- sites industriels
Les particuliers en logement individuel resteront à l'écart du dispositif. « Les maisons individuelles ne pourront pas être raccordées directement. Les réseaux de chaleur sont conçus pour alimenter des ensembles de bâtiments suffisamment consommateurs d'énergie afin de rentabiliser les infrastructures », souligne le référent de l'Ademe auprès de Made in Marseille.
Et ailleurs dans la région ?
À ce stade, le projet de l'étang de Berre est présenté comme pionnier en Provence-Alpes-Côte d'Azur. L'Ademe espère que ces premiers forages ouvriront la voie à d'autres opérations, sur les autres communes du pourtour de l'étang comme à l'échelle régionale. Le bassin d'Avignon figure parmi les secteurs dont le potentiel reste à étudier.

