Aller au contenu

Libération de Marseille : la Ville honore la mémoire du tirailleur Ahmed Litim

Marseille célèbre dimanche 30 août le 82e anniversaire de sa libération. La Ville a consacré une publication à Ahmed Litim, tirailleur algérien de 24 ans tué le 25 août 1944 à Notre-Dame-de-la-Garde.

Par · Journaliste

3 min de lecture

Marseille célèbre le dimanche 30 août 2026 l'anniversaire de sa libération, 82 ans après les combats d'août 1944. La Ville de Marseille a publié le 24 août un portrait de l'un des libérateurs, Ahmed Litim, tirailleur algérien mort au pied de Notre-Dame-de-la-Garde. Il avait 24 ans.

Qui était Ahmed Litim ?

De lui, on sait peu de choses, reconnaît la Ville de Marseille. Il venait d'El Milia, près de Constantine, dans une zone montagneuse du nord-est de l'Algérie.

Il avait le grade de caporal, au sein de la 1re compagnie du 1er bataillon du 7e régiment de tirailleurs algériens.

Que s'est-il passé le 25 août 1944 ?

Ce vendredi-là, vers 16h30, sa compagnie monte à l'assaut de Notre-Dame-de-la-Garde pour rejoindre les hommes du groupe dit « Ripoll », qui viennent de déployer un drapeau français depuis le clocher. Ahmed Litim est fauché par un obus allemand au pied de la basilique. Il meurt le soir même de ses blessures.

Sa citation à l'ordre de l'armée, reproduite par la Ville, salue un « jeune caporal, toujours le premier aux postes dangereux », qui « a fait preuve d'un cran remarquable dans les combats de rue à Marseille ». Le texte précise qu'il servait lui-même son fusil mitrailleur, son tireur ayant été mis hors de combat.

Quel rôle ont joué les tirailleurs algériens à Marseille ?

Les troupes des 3e et 7e RTA prennent le 25 août les positions allemandes de Notre-Dame-de-la-Garde, après des combats sur plusieurs points de la ville. Selon la Ville de Marseille, ces régiments libèrent Marseille en sept jours.

Le régiment de tirailleurs algériens est présenté par la municipalité comme l'un des plus décorés de l'armée française :

  • créé en 1913, à la veille de la Première Guerre mondiale ;
  • en activité de 1913 à 1964 ;
  • six fois cité à l'ordre de l'Armée lors du premier conflit mondial ;
  • drapeau décoré de la Légion d'honneur ;
  • engagé au Monte Cassino et à Rome avant Marseille, puis dans le Jura, les Vosges et l'Alsace.

Que sont devenus ces soldats après la guerre ?

Pour la seule Afrique du Nord, l'armée dénombrait au 1er novembre 1944, selon la terminologie de l'époque citée par la Ville, 176 000 « Français sous les drapeaux » et 233 000 « musulmans ». De retour chez eux, ces hommes ont été soumis à des régimes différents de ceux de leurs homologues non « indigènes ».

La Ville s'appuie sur l'historien Benjamin Stora, professeur des universités spécialiste du Maghreb contemporain. Il rappelle que la citoyenneté avec maintien du statut personnel musulman, accordée par les ordonnances de mars 1944 en Algérie, n'a pas été octroyée aux anciens combattants.

Ces soldats découvrent aussi, à leur retour, l'ampleur de la répression dans le Constantinois après les émeutes de Sétif et Guelma, en mai et juin 1945.

Ce que la Ville a communiqué

La publication municipale du 24 août ne détaille pas le programme des cérémonies prévues dimanche. La Ville de Marseille diffuse par ailleurs régulièrement ce type d'information pratique, comme elle l'avait fait pour les horaires de ses équipements le week-end du 15 août. Le portrait d'Ahmed Litim s'accompagne du chant des anciens combattants des bataillons d'Afrique de la Seconde Guerre mondiale.

Partager
Rubriques :Marseille