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Pluies record dans les Bouches-du-Rhône : un mois de mars comme on n'en avait jamais vu

Par · Journaliste

3 min de lecture

Pluies record dans les Bouches-du-Rhône : un mois de mars comme on n'en avait jamais vu

84,9 millimètres d'eau en 24 heures. C'est ce qui est tombé sur Trets le lundi 10 mars. Du jamais vu depuis que la station météo du coin enregistre les précipitations, c'est-à-dire depuis 1988. Et Trets n'est pas un cas isolé. Tout le département des Bouches-du-Rhône prend l'eau depuis le début du mois, à des niveaux qui battent des records vieux de plusieurs décennies.

Ce qui s'est passé le 10 mars à Trets

Un épisode méditerranéen a touché Marseille et les Bouches-du-Rhône les 9 et 10 mars. Le Var voisin a aussi été frappé, avec 100 à 120 mm relevés à Hyères sur la même période. Là-bas, 14 personnes ont dû être extraites de véhicules piégés par les eaux. Les deux départements ont été placés en vigilance jaune pour orages et inondations.

À Trets, les 84,9 mm tombés en une seule journée représentent un record absolu pour un mois de mars. La station locale, installée en 1988, n'avait jamais enregistré autant sur 24 heures à cette période de l'année. Paul Marquis, météorologue indépendant et fondateur d'E-Meteo Service, a confirmé le chiffre sur les réseaux sociaux.

Un mois de mars sans précédent dans le département

Le cumul de précipitations pour l'ensemble du mois de mars dans les Bouches-du-Rhône dépasse de 260 % la normale. On parle de deux à quatre fois les quantités habituelles selon les secteurs, et jusqu'à cinq fois la normale entre Marseille et Toulon.

À Marignane, la station météo enregistre 170 mm de pluie pour ce mois de mars. C'est le record depuis son installation en 1920. Plus d'un siècle de mesures, et jamais un mois de mars aussi pluvieux. Le précédent record datait de 2024, avec 153 mm. Il a tenu deux ans.

D'autres stations confirment la tendance. Istres a relevé 125 mm, Salon-de-Provence 147 mm. Paul Marquis classe ce mois de mars dans le top 3 des plus arrosés de l'histoire du département.

Moins de soleil, et ça se sent

La pluie, c'est une chose. Mais ce mois de mars s'accompagne aussi d'un déficit d'ensoleillement assez net. À la station de Marignane, le premier trimestre 2026 affiche l'un des niveaux d'ensoleillement les plus bas depuis 1985, avec environ 453 heures de soleil comptabilisées. Pour ceux qui comptaient sur le printemps provençal pour relancer le moral, il faudra patienter.

C'est d'ailleurs le mois de mars le moins ensoleillé depuis 15 ans dans la région. Pendant ce temps, le nord de la France profite de conditions sèches et ensoleillées. Météo-France a souligné ce déséquilibre inhabituel entre les deux moitiés du pays.

Les conséquences pour les habitants

Pour l'instant, les dégâts restent limités par rapport à ce qu'on pourrait craindre avec de tels cumuls. La vigilance jaune activée les 9 et 10 mars n'a pas été relevée en orange. Mais les sols sont gorgés d'eau. La moindre nouvelle pluie pourrait provoquer des ruissellements importants ou des débordements de cours d'eau.

Côté prévisions, ce n'est pas terminé. Après une accalmie entre le 19 et le 21 mars, de nouvelles averses sont attendues dès le week-end du 22 mars, avec des températures entre 7 et 16 degrés.

Pour les agriculteurs de la plaine de la Crau ou du pays d'Aix, ce trop-plein d'eau complique les travaux de saison. Les vignerons surveillent la situation de près : si l'humidité persiste, le risque de maladies fongiques sur les vignes augmente avec le réchauffement printanier.

La part du changement climatique

Attribuer un seul mois de pluie au réchauffement global, c'est aller trop vite. Mais les météorologues constatent que les épisodes méditerranéens gagnent en intensité. L'air plus chaud se charge de plus d'humidité au-dessus de la Méditerranée, ce qui alimente des précipitations plus fortes quand les perturbations arrivent sur les côtes.

Les records, eux, tombent à un rythme nouveau. Celui de Marignane tenait depuis 2024, à peine deux ans. La préfecture des Bouches-du-Rhône rappelle régulièrement aux habitants des zones inondables de se préparer, et de consulter les alertes de Météo-France sur vigilance.meteofrance.fr.

En attendant, les Marseillais rangent les lunettes de soleil. Ce printemps 2026 commence sous la grisaille, et on attend toujours le retour du ciel bleu.

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