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Tramway des Catalans : l'enquête publique est lancée, le 7e arrondissement reste divisé

L'enquête publique sur le tramway des Catalans est ouverte jusqu'au 10 juin 2026 à Marseille. Tracé, coût, stations, oppositions : ce qu'il faut savoir.

Par · Journaliste

5 min de lecture

Tramway des Catalans : l'enquête publique est lancée, le 7e arrondissement reste divisé

Un peu plus de deux kilomètres de rails, quatre stations, et déjà une pétition en ligne pour dire non. Depuis le 4 mai, les Marseillais peuvent donner leur avis sur le futur tramway des Catalans. Et dans le 7e arrondissement, le débat est tout sauf clos.

L'enquête publique a été ouverte par un arrêté de la préfecture des Bouches-du-Rhône daté du 3 avril 2026. Elle se poursuit jusqu'au mercredi 10 juin. Pendant cinq semaines, habitants, commerçants et associations sont invités à consulter le dossier et à coucher leur avis noir sur blanc.

Le sujet n'est pas nouveau entre Saint-Victor et la place du 4-Septembre. Cela fait des années qu'on en parle dans le quartier. Mais cette fois, la procédure entre dans une phase qui compte vraiment, celle où chacun peut peser sur la décision.

Le tracé retenu

Le projet consiste à prolonger le réseau de tramway depuis la rue de Rome jusqu'à la place du 4-Septembre. Au total, un peu plus de deux kilomètres de voies nouvelles dans le centre-ville.

Le tracé emprunte le cours Pierre-Puget, le boulevard de la Corderie puis l'avenue de la Corse. Quatre stations sont prévues le long du parcours :

  • Estrangin
  • Place de la Corderie
  • Saint-Victor
  • 4 Septembre

La métropole annonce un trajet bouclé en une dizaine de minutes d'un bout à l'autre. De quoi raccrocher un secteur très habité au reste du réseau de transports marseillais.

Le coût du projet et son financement

L'addition est estimée à environ 75 millions d'euros. Le projet est porté et financé par la métropole Aix-Marseille-Provence.

Il figure parmi les seize chantiers de mobilité prioritaires du plan « Marseille en grand », annoncé par le président de la République en 2021. La mise en service des premières rames est aujourd'hui visée pour 2028.

Le contexte budgétaire n'est pas anodin. La métropole a déjà dû trouver des dizaines de millions d'euros pour boucler ses comptes, et la question du financement des transports revient à chaque conseil. Un investissement de cette taille dans le 7e ne passe donc pas inaperçu.

Donner son avis avant le 10 juin

Le dossier complet est consultable pendant toute la durée de l'enquête. Des permanences sont organisées au siège de la métropole Aix-Marseille-Provence ainsi que dans les mairies des 1er/7e et des 6e/8e arrondissements.

Ceux qui préfèrent écrire peuvent envoyer leur contribution par courriel, à l'adresse [email protected]. Toutes les observations sont enregistrées et seront examinées.

Vient ensuite le rapport du commissaire enquêteur. C'est une étape obligatoire avant tout démarrage de travaux, et son avis pèsera sur la suite donnée au dossier.

Les arguments de la métropole

Pour ses partisans, le tramway des Catalans comble un trou dans le maillage marseillais. La future ligne desservirait un bassin estimé à 42 000 habitants, dans l'un des secteurs les plus peuplés de la ville.

L'argument de l'emploi revient souvent. Selon la métropole, 27 000 emplois se trouvent à moins de 500 mètres du tracé prévu. Un transport collectif lourd et régulier serait, dans cette logique, un vrai service rendu aux actifs comme aux habitants du quartier.

La collectivité met aussi en avant la requalification des grands boulevards traversés. Le chantier doit servir à élargir les trottoirs, végétaliser les axes et faire de la place aux piétons et aux vélos. L'idée, côté métropole, est de profiter des travaux pour redessiner la rue de fond en comble, pas seulement d'y poser des rails.

L'opposition d'une partie du 7e

En face, la contestation est solide et bien organisée. La fédération des comités d'intérêt de quartier (CIQ) du 7e arrondissement, présidée par Jean-Claude Rostain, juge le projet « inadapté ». Une pétition en ligne, « Non au tramway des Catalans », circule depuis plusieurs semaines.

Les griefs ne manquent pas. Les opposants pointent :

  • la suppression de trois lignes de bus
  • l'abattage d'arbres dont certains centenaires
  • la disparition d'environ 500 places de stationnement en surface dans un quartier déjà saturé

Ils s'inquiètent aussi des deux années de travaux à venir, redoutées par les commerçants du secteur. Et ils relèvent que le tramway ne roulerait pas en site propre sur l'essentiel du parcours, sauf aux abords de la rampe Saint-Maurice. De quoi craindre des bouchons, là où l'on promet de la fluidité.

Sandrine Touyon, présidente de l'association CAS 7e, se dit totalement opposée au projet. La fédération des CIQ résume sa position d'une formule : « 100 millions d'euros d'argent public pour deux kilomètres de ligne », avec selon elle moins d'arrêts, moins de fréquence et moins de correspondances vers les collines d'Endoume, du Roucas-Blanc ou de Notre-Dame-de-la-Garde.

La maire des 1er et 7e arrondissements, Sophie Camard, a elle aussi demandé « des expertises complémentaires » avant que la décision ne soit prise. Signe que le projet ne fait pas l'unanimité, jusque chez les élus de proximité.

La suite du calendrier

L'enquête publique court donc jusqu'au 10 juin. Tant qu'elle est ouverte, rien n'est figé : c'est précisément le moment où les avis comptent.

Si le commissaire enquêteur rend un avis favorable, le calendrier de la métropole tient toujours, avec un objectif de mise en service en 2028. Dans le cas contraire, le dossier pourrait être revu, voire ralenti.

D'ici là, le tramway des Catalans restera un sujet de conversation animé sur les bancs du cours Pierre-Puget. Habitants du 7e, vous comptez déposer un avis pendant l'enquête publique ? Le registre est ouvert à tous jusqu'au 10 juin.

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Rubriques :Marseille