Transports : la Métropole prévoit une tarification solidaire au 1er novembre
La Métropole Aix-Marseille-Provence veut appliquer dès le 1er novembre une grille tarifaire fondée sur le quotient familial, avec trois zones et des réductions de 20 % à 80 % selon les revenus.
Par Thomas Reynaud · Journaliste
3 min de lecture
La Métropole Aix-Marseille-Provence prévoit d'appliquer une nouvelle grille tarifaire sur son réseau de transports à partir du 1er novembre. Le dispositif repose sur le quotient familial, avec des réductions de 20 % à 80 % selon les revenus des ménages, et sur un découpage du territoire en trois zones. L'institution a détaillé le projet dans une présentation publiée vendredi 16 octobre.
Pourquoi la Métropole revoit-elle ses tarifs maintenant ?
La collectivité avance deux motifs financiers : une hausse de 30 % des coûts d'exploitation en dix ans et l'absence de revalorisation tarifaire sur la même période. Elle indique aussi que les infrastructures prévues dans le plan Marseille en grand engendreront des coûts de fonctionnement importants, qu'il faut financer.
La Métropole précise par ailleurs que la réforme répond à une demande du préfet. Elle met en avant un principe d'égalité de traitement des usagers devant le service public, chacun contribuant selon ses moyens.
Comment le territoire est-il découpé ?
Le réseau urbain serait organisé en trois zones tarifaires, définies selon l'intensité du service :
- zone 1, offre très forte, pour le cœur de la métropole : Marseille, Allauch, Plan-de-Cuques, Septèmes-les-Vallons ;
- zone 2, offre forte, pour les moyens et grands pôles comme Aix-en-Provence, Aubagne, Vitrolles ou Marignane ;
- zone 3, desserte locale et de proximité, pour les réseaux de taille moyenne comme Salon-de-Provence ou La Ciotat.
L'objectif affiché est d'effacer les disparités de prix héritées des anciens réseaux : un usager disposant d'un métro toutes les deux minutes ne paierait plus le même tarif qu'un usager desservi par une ligne locale moins fréquente.
Qui paiera quoi ?
Un tarif unique de 20 € par an est prévu pour les jeunes, les étudiants bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire sans participation financière, les seniors non imposables et les personnes percevant l'Allocation aux adultes handicapés. Les enfants de moins de 11 ans conserveraient un abonnement gratuit. Les tarifs actuels des différents titres restent consultables dans le guide des tarifs et de la carte RTM à Marseille.
La Métropole a publié plusieurs exemples de situations :
| Profil | Aujourd'hui | Au 1er novembre |
|---|---|---|
| Collégien boursier à Marseille | 110 €/an | 20 €/an |
| Étudiant boursier, Aubagne vers Aix | 210 à 360 €/an | 20 €/an |
| Étudiant non boursier, Istres vers Aix | 360 €/an | 300 €/an |
| Bénéficiaire de l'AAH à Marseille | abonnement payant | 20 €/an |
| Senior non imposable | gratuité | 20 €/an |
Pour les détenteurs de l'AAH, le tarif de 20 € par an couvrirait l'ensemble des réseaux, hors transport à la demande PMR et Mobimétropole. Autre cas cité par la collectivité : une mère isolée de trois enfants payée au SMIC, habitant et travaillant à Marseille, paie aujourd'hui 480 € ; elle bénéficierait d'une réduction de 50 % sur un nouveau tarif de 548 €, soit 274 €.
Combien la réforme doit-elle rapporter ?
La Métropole estime la recette annuelle supplémentaire nette à 21,6 millions d'euros à terme. La montée en charge serait étalée sur trois ans : 1,9 million d'euros en 2026, 19,7 millions en 2027, puis la totalité à partir de 2028.
Le réseau métropolitain compte 644 lignes et 2 285 véhicules en service, pour 200 millions de validations et 75 millions de kilomètres parcourus par an. La collectivité indique que 86 % de la population est desservie. Les usagers peuvent aussi candidater au comité des partenaires des transports, instance consultative de la Métropole.
