Franck Allisio met fin au contrat de son attaché parlementaire Louis Grégoire
Le député RN des Bouches-du-Rhône a annoncé vendredi 9 octobre 2026 rompre le contrat de son collaborateur, mis en cause par Libération pour des publications racistes, antisémites et collaborationnistes.
Par Thomas Reynaud · Journaliste
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Franck Allisio, député du Rassemblement national des Bouches-du-Rhône, a annoncé vendredi 9 octobre 2026 mettre fin au contrat de son attaché parlementaire Louis Grégoire. La décision intervient après la mise en cause de ce collaborateur par le quotidien Libération, pour des publications diffusées sur un compte Facebook qui n'est pas en accès libre. France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur et Destimed ont rendu compte de cette annonce.
Que reproche Libération à cet attaché parlementaire ?
Selon le quotidien, le compte en cause mêle plusieurs registres :
- des références à la collaboration et à des figures condamnées à la Libération, dont l'écrivain d'extrême droite Robert Brasillach, fusillé en 1945 ;
- une mention du maréchal Pétain et de l'armée française reconstituée en Afrique du Nord ;
- des propos racistes et antisémites, ainsi que des publications hostiles aux femmes ;
- un message publié en 2018, jour anniversaire du débarquement allié en Normandie, évoquant les soldats américains morts en France comme sacrifiés à un nouvel ordre mondial.
Une publication de 2022 est également citée par les deux médias : une photographie de femmes d'origine maghrébine et africaine, pour la plupart voilées, accompagnée d'un commentaire liant leur nationalité française au versement de prestations sociales.
Comment le député a-t-il justifié sa décision ?
Dans un communiqué diffusé vendredi matin, Franck Allisio indique avoir reçu son attaché parlementaire après la parution de l'article. Il affirme que les écrits reprochés à son collaborateur datent d'une dizaine d'années, qu'ils étaient inconnus de tous et qu'ils sont antérieurs à son recrutement par l'Assemblée nationale. Le député précise mettre fin au contrat pour laisser à l'intéressé le temps de la clarification.
Pourquoi cette version est-elle discutée ?
Deux éléments relevés par les deux médias nuancent l'argument chronologique. D'abord, les publications rapportées sont datées de 2018 et de 2022, soit nettement moins de dix ans avant les révélations. Ensuite, Libération affirme que le compte Facebook incriminé était suivi par Franck Allisio lui-même.
L'AFP a par ailleurs constaté que Louis Grégoire figurait parmi les amis d'un ancien compte Facebook du député, dont la dernière publication remonte à 2023. Ces constats n'établissent pas que le parlementaire avait connaissance des messages, mais ils documentent la proximité entre les deux hommes. Louis Grégoire est présenté par les deux médias comme un collaborateur de longue date du député.
Quel écho dans l'actualité locale ?
L'affaire se noue sur le terrain de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale, régulièrement convoquée dans l'actualité des Bouches-du-Rhône. Marseille a ainsi consacré cet été une cérémonie au tirailleur Ahmed Litim, mort pendant la libération de la ville, lors du 82e anniversaire de la Libération.
Sollicités par l'AFP, ni Franck Allisio ni Louis Grégoire n'avaient répondu à ses questions au moment de la publication des articles.
