« Coup de Pouce Post-Partum » : Saadi offre du répit aux jeunes mères des Bouches-du-Rhône
Saadi, 31 ans et mère de deux enfants, a lancé dans les Bouches-du-Rhône « Coup de Pouce Post-Partum », un accompagnement à domicile pour les jeunes mères isolées après la naissance : garder le bébé pendant qu'elles dorment, aider au quotidien, être là.
Par Léa Simon · Journaliste
4 min de lecture

Les semaines qui suivent une naissance ressemblent rarement aux photos. Nuits coupées en morceaux, linge qui s'entasse, visites qui fatiguent plus qu'elles ne soulagent, et parfois personne à qui passer le bébé pour prendre une douche tranquille. C'est à ce moment précis que Saadi, 31 ans, mère de deux enfants, a décidé d'intervenir. Elle a créé « Coup de Pouce Post-Partum », un accompagnement à domicile destiné aux jeunes mères, en particulier celles qui se retrouvent seules. Installée à Martigues, elle se déplace au domicile des familles et entend couvrir les Bouches-du-Rhône.
Une rencontre pendant sa grossesse, puis l'envie d'agir
L'idée n'est pas née d'une étude de marché. Pendant sa propre grossesse, Saadi croise une mère qui n'a pas reçu l'aide dont elle aurait eu besoin après l'arrivée de son bébé. La scène la marque. « Cette rencontre m'a beaucoup touchée et m'a donné envie d'agir concrètement », explique-t-elle.
Elle part d'un constat simple, que beaucoup de familles formulent après coup : à la sortie de la maternité, l'attention se concentre sur le nourrisson. La mère, elle, encaisse la récupération physique, le manque de sommeil et souvent une forme de solitude, sans que grand monde ne lui demande comment elle va vraiment.
Ce que comprend concrètement l'accompagnement
Les interventions se font au domicile de la mère. Selon la porteuse du projet, elles peuvent inclure :
- la présence auprès du bébé pendant que la mère se repose ou dort quelques heures
- une aide au rangement et aux petites tâches du quotidien
- une présence et une écoute, sans jugement, pour les moments où il s'agit surtout de ne pas être seule
Rien de médical ici, et Saadi ne s'en réclame pas. Il ne s'agit ni d'un suivi de sage-femme, ni d'une garde d'enfants réglementée, mais d'un coup de main humain sur une période courte et éprouvante. Elle insiste sur la discrétion : entrer chez quelqu'un juste après une naissance demande de la retenue.
Des « packs naissance » à offrir plutôt qu'un énième doudou
L'autre volet du projet vise l'entourage. Saadi a imaginé des packs naissance qu'un conjoint, une famille ou des amis peuvent offrir à une jeune mère. Le cadeau ne prend pas la forme d'un objet mais d'heures d'aide et de repos.
Le raisonnement se tient : une chambre de bébé se remplit vite de vêtements et de peluches, beaucoup moins de temps pour dormir. C'est aussi une façon de contourner une difficulté classique, celle des mères qui n'osent pas demander de l'aide et à qui il est plus facile d'en offrir.
Le post-partum, un angle mort dont on parle davantage
Le sujet a gagné en visibilité ces dernières années, notamment autour de la dépression du post-partum. Un entretien postnatal précoce est d'ailleurs proposé à toutes les femmes après l'accouchement, entre la quatrième et la huitième semaine, avec un médecin ou une sage-femme, et pris en charge par l'Assurance maladie.
Dans le département, plusieurs relais existent déjà : les centres de PMI du conseil départemental, les sages-femmes libérales qui assurent les visites à domicile après la sortie de maternité, ou encore les techniciennes de l'intervention sociale et familiale (TISF), dont l'intervention peut être financée en partie par la Caf sous conditions. Ces dispositifs restent toutefois inégalement connus, et leurs délais ne collent pas toujours à l'urgence d'une nuit blanche de trop.
Ce sont ces trous dans la raquette que « Coup de Pouce Post-Partum » cherche à combler, à sa petite échelle. Une initiative individuelle ne remplace évidemment pas un accompagnement sanitaire et social : en cas de mal-être persistant, d'angoisses ou de pensées noires après une naissance, le médecin traitant, la sage-femme ou le 3114, numéro national de prévention du suicide joignable gratuitement 24h/24, restent les bons interlocuteurs.
Trouver le projet et le faire connaître
Saadi en est aujourd'hui à l'étape la plus ingrate : se faire connaître des mères qui en auraient besoin, alors qu'elles sont précisément celles qui sortent peu et demandent rarement. Le compte Instagram du projet, ouvert récemment, sert pour l'instant de vitrine : les retours de clientes, le détail des packs, la prise de rendez-vous, mais aussi l'aide au linge et au repassage y sont classés en rubriques. Elle souhaite construire en parallèle un réseau avec des professionnels de la maternité et de la petite enfance du département, sages-femmes, doulas, puéricultrices, structures d'accueil.
Cet article a été réalisé à partir des informations transmises par la porteuse du projet. 13ALactu n'a pas de lien commercial avec cette initiative.


