Fos-Berre : la Métropole donne un avis favorable à l'opération d'intérêt national
Le conseil métropolitain a approuvé le 15 octobre la création d'une opération d'intérêt national industrielle sur le golfe de Fos et l'étang de Berre, sur un périmètre de plus de 7 000 hectares.
Par Thomas Reynaud · Journaliste
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Le conseil de la Métropole Aix-Marseille-Provence a rendu un avis favorable à la création d'une opération d'intérêt national (OIN) industrielle sur le secteur du golfe de Fos et de l'étang de Berre. La décision a été prise lors de la séance du 15 octobre, indique la Métropole. Elle a été assortie de plusieurs conditions.
Que change une opération d'intérêt national ?
L'OIN est un outil destiné à faciliter l'implantation de nouvelles activités industrielles et à accompagner la modernisation des sites déjà en place. Son périmètre a été recentré sur les espaces à vocation industrielle et couvre plus de 7 000 hectares de terrains portuaires, énergétiques, industriels et aéronautiques.
L'objectif affiché par la Métropole est double : sécuriser dans la durée la vocation productive de ces espaces, et doter le territoire d'outils fonciers adaptés à ses ambitions industrielles.
Le dispositif n'arrive pas seul. Il était prévu par deux documents antérieurs :
- la feuille de route stratégique Fos-Berre, adoptée fin 2024 ;
- le projet partenarial d'aménagement (PPA), validé en 2025 ;
- le PPA porte 679,5 millions d'euros programmés sur la période 2026-2030.
Quel poids économique pour le bassin Fos-Berre ?
La Métropole décrit le bassin comme l'un des principaux pôles industriels et logistiques du pays. Les secteurs cités sont l'acier, la chimie, l'énergie, la logistique portuaire et l'aéronautique.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Emplois sur le bassin | près de 50 000 |
| Établissements industriels et logistiques | plus de 1 500 |
| Périmètre de l'OIN | plus de 7 000 hectares |
Pourquoi la décarbonation est-elle au cœur du dossier ?
Le bassin concentre à lui seul environ 25 % des émissions industrielles françaises de CO₂, et 40 % des émissions régionales, selon la Métropole. Cette concentration en fait, écrit l'institution, l'un des principaux espaces de décarbonation industrielle en Europe.
L'avis favorable est présenté comme une étape dans la transformation de ce bassin, avec trois finalités : accélérer les projets de décarbonation, renforcer la souveraineté industrielle et énergétique, soutenir une réindustrialisation durable. D'autres chantiers énergétiques avancent en parallèle sur la zone, à l'image du projet de géothermie autour de l'étang de Berre, dont les premiers forages sont espérés pour fin 2027.
Quelles conditions la Métropole a-t-elle posées ?
L'institution soutient la création de l'OIN, mais son avis est conditionnel. Trois exigences ont été formulées :
- le maintien d'une gouvernance étroite avec les communes concernées ;
- un financement durable des infrastructures de transport, des réseaux et du logement ;
- la mobilisation de moyens fonciers adaptés aux besoins des industriels.
La Métropole explique vouloir concilier développement économique, qualité de vie, transition écologique et création d'emplois. La question du financement des réseaux et du logement reste donc ouverte : elle dépend d'arbitrages qui n'ont pas été rendus avec cet avis. La même séance du conseil métropolitain a par ailleurs été consacrée à une décision modificative du budget 2026.
L'avis du conseil métropolitain porte sur la création de l'opération ; la décision finale relève de l'État.


