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Marseille sans camping : la Ville veut relancer une offre de plein air

La deuxième ville de France ne compte plus aucun terrain de camping. La majorité municipale dit vouloir en recréer un ou deux, de taille réduite, tandis que des initiatives associatives comblent le vide.

Par · Journaliste

4 min de lecture

Photo d'illustration
Photo d'illustrationCrédit : RDNE Stock project / Pexels

Marseille ne compte plus aucun terrain de camping, municipal ou privé. Le retour d'une offre d'hébergement de plein air figure parmi les objectifs du mandat de la majorité municipale, mais dans un format bien inférieur à celui des anciens terrains municipaux. C'est ce que rapporte Made in Marseille dans un article publié le 4 août 2026.

Où peut-on planter sa tente à Marseille aujourd'hui ?

Deux initiatives subsistent, hors du cadre de l'hôtellerie de plein air classique. Dans le vallon des Mayans, entre le 15e arrondissement et Septèmes-les-Vallons, la coopérative d'habitants Hôtel du Nord expérimente un camping chez l'habitant sur le terrain de Fati, sociétaire du collectif. « L'activité est ouverte toute l'année. L'habitante accueille également dans sa chambre d'hôtes des patients et leurs proches venus se faire soigner à l'Hôpital Nord », détaille Prosper Wanner, gérant de la coopérative, qui regroupe 80 sociétaires.

À l'auberge de jeunesse du château de Bois-Luzy, dans le 12e arrondissement, une trentaine d'emplacements sont par ailleurs proposés l'été pour des tentes et des camping-cars.

Que demande le collectif Marseille Hospitalités ?

Le sujet avait déjà été porté pendant la campagne municipale. « Dans notre Carnet des hospitalités, nous avons proposé à la Ville de retrouver, lors du prochain mandat, la capacité d'accueil des trois campings municipaux des années 1990, soit environ 350 places », indique Prosper Wanner à Made in Marseille. Le collectif demande aussi de réallouer 2,8 millions d'euros, soit 20 % des 14 millions d'euros perçus au titre de la taxe de séjour, à la création d'une délégation municipale de l'hospitalité incluant le tourisme.

Dans une réponse adressée au collectif le 4 mars 2026, alors qu'il était candidat à sa réélection, Benoît Payan (Printemps Marseillais) s'est dit favorable à une diversification des formes d'accueil et à la création d'un Observatoire des hospitalités. Il y écrivait que « la course à la montée en gamme touristique » ne pouvait constituer « le seul horizon du secteur ».

Un nouveau camping est-il décidé ?

Aucun site n'est arrêté à ce stade. La majorité municipale écarte le modèle des grands terrains d'autrefois et évoque des équipements plus modestes. « Nous avons un problème de foncier, ce qui nous limiterait probablement à des campings de 100 à 200 places. Un ou deux sites, à proximité des transports en commun, pourraient être identifiés. Le secteur sud de la ville s'y prête, le nord aussi avec son accès vers la mer », déclare Julien Harounyan, adjoint au maire délégué à l'Attractivité économique et au tourisme durable.

Le dernier site susceptible d'accueillir un projet de cette ampleur était l'hippodrome Borély, dans le 8e arrondissement. Depuis plus d'un an, la Ville y cherche un opérateur pour occuper le cœur de l'ancien golf, soit 7,2 hectares destinés à devenir un espace ouvert au public jusqu'à fin 2028. L'aménagement prévu ne comporte pas de camping.

Pourquoi les campings marseillais ont-ils disparu ?

Jusqu'au début des années 1990, la ville comptait trois campings municipaux et deux établissements privés.

  • Celui de Mazargues, créé en 1959 avenue Delattre-de-Tassigny, pouvait accueillir 240 personnes avant sa fermeture en 1988.
  • Celui de Bonneveine, ouvert en 1964 avenue Clot-Bey, offrait 480 places.
  • Les Vagues, face aux plages de l'Escale Borély, accueillaient jusqu'à 360 campeurs avant leur fermeture en septembre 1991.
  • Les Iris, au Redon, et La Calanque Blanche, aux Goudes, complétaient l'offre dans les années 1970.

Pour l'historienne Judith Aziza, spécialiste du littoral marseillais, ces sites témoignent d'un autre rapport de la ville à sa côte. « Le camping de Bonneveine figurait en 1969 parmi les meilleurs campings d'Europe, notamment grâce à la qualité de ses installations sanitaires et à ses nombreux espaces ombragés », rappelle-t-elle en citant des articles du Méridional. La clientèle y était alors majoritairement belge, mais aussi américaine, allemande, hollandaise ou britannique.

L'urbanisation a eu raison de ces terrains. « Le camping de Bonneveine a été urbanisé dans les années 1970. Avant, il y avait une vaste zone agricole, en grande partie consacrée au maraîchage », explique l'historienne. Le site est amputé puis coupé en deux par l'avenue de Hambourg, achevée en 1973. À l'emplacement des Vagues se trouvent aujourd'hui un complexe sportif municipal, des commerces et des bureaux.

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Rubriques :Marseille