Aller au contenu

OM-Nice (1-1) : la panenka de Wahi enterre les rêves de Ligue des champions

Tenu en échec par Nice (1-1) au Vélodrome avec une panenka de Wahi à la 88e, l'OM voit le podium et la Ligue des champions s'éloigner.

Par · Journaliste

5 min de lecture

OM-Nice (1-1) : la panenka de Wahi enterre les rêves de Ligue des champions

88e minute. Elye Wahi prend trois pas d'élan, lève la tête vers Geronimo Rulli, et dépose le ballon en plein milieu du but. Une panenka de fou, devant un Vélodrome silencieux d'un coup. Marseille menait 1-0, Marseille rentre à la maison avec un point. Et avec, sans doute, l'idée qui s'éteint d'aller jouer la Ligue des champions l'an prochain.

Le match de la 31e journée de Ligue 1 se jouait dimanche soir au stade Vélodrome, et il avait pourtant tout d'un soir parfait. Tribune Ganay pleine, virage Sud à fond, banderoles déployées dès l'échauffement. Les supporters savaient que c'était un de ces matchs qu'on ne peut pas rater quand il reste trois journées au calendrier.

Stade Vélodrome de Marseille rempli un soir de Ligue 1

Le Vélodrome, théâtre du nul de l'OM contre Nice. Photo : Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Un but de Hojbjerg, puis le match qui bascule

Pierre-Emile Hojbjerg avait débloqué la situation à la 66e minute, d'une tête plongeante sur un centre venu de la droite. Le Danois s'est levé devant les Sud Winners, le poing serré, à l'image d'une équipe qui semblait enfin tenir le bon bout. À ce moment-là, l'OM était troisième virtuel.

Sauf que cet OM-là, depuis des semaines, sait faire deux choses : marquer en premier et craquer en dernier. Le scénario de Lorient, celui de Monaco, on le connaît par cœur dans le 8e arrondissement. Et il s'est rejoué dimanche.

À sept minutes de la fin, Jonathan Clauss, l'ancien latéral de l'OM passé à Nice cet hiver, obtient un penalty discutable après un contact dans la surface marseillaise. Wahi prend le ballon, regarde Rulli, et se permet la panenka. 1-1. Le Vélodrome reste sans voix.

Beye n'a plus grand-chose à dire

En conférence de presse d'après-match, Habib Beye a fait court. « Quand je parle, on dit que je parle trop, que je détourne l'attention. Aujourd'hui, je dis le minimum. » Le coach marseillais sait que les mots ne suffiront pas à rattraper les points laissés en route.

Hojbjerg, lui, est sorti de ses gonds au micro. Le Danois, encore essoufflé, a parlé d'un public qui « donne tout » et d'une équipe qui « doit gagner ce match, doit arrêter de parler ». On l'a senti à deux doigts de craquer, retenu uniquement par le micro qu'il tenait.

Geronimo Rulli a employé un autre mot, plus dur. « C'est une saison très dure et très compliquée pour nous au niveau mental. » Le gardien argentin, héros de la saison passée, a passé l'hiver à enchaîner les matchs douloureux. Dimanche, il n'a rien pu faire sur la frappe en cloche de Wahi.

Ce qui change au classement

Le classement, après cette 31e journée, n'a plus rien d'amical pour les Olympiens.

  • Le PSG file devant, intouchable
  • Lens reste deuxième
  • Lyon s'est imposé contre Auxerre (3-1) et passe troisième
  • Lille a battu le Paris FC (1-0) et revient à hauteur de l'OL
  • Rennes l'emporte dans le derby contre Nantes et reste à un point

Marseille, sixième, accuse désormais quatre points de retard sur Lyon et Lille, et trois sur Rennes. Trois journées à jouer. La calculette se complique sérieusement.

Pour viser le podium et la Ligue des champions directe, il faudrait que Marseille gagne ses trois derniers matchs et que Lyon ou Lille en perde au moins deux sur trois. Possible mathématiquement. Crédible, beaucoup moins, vu la dynamique des dernières semaines.

La quatrième place, déjà un cap difficile

Le plus probable, désormais, c'est une lutte avec Rennes pour la cinquième place qualificative à la Ligue Europa. Une saison qui devait s'inscrire dans la lignée de la précédente, et qui finit dans le brouillard.

Le calendrier de la fin de saison ne va pas aider Marseille. Il reste :

  • un déplacement à Strasbourg
  • un derby de la Méditerranée à domicile contre Toulon
  • un déplacement compliqué à Brest

Trois finales, et plus aucun droit à l'erreur.

Les supporters, eux, commencent à gronder. Quelques sifflets ont accompagné la sortie des joueurs au coup de sifflet final, surtout dans le Jean Bouin où le ras-le-bol contre la direction sportive ne se cache plus depuis la mi-saison.

Wahi, un ancien presque marseillais

Petit clin d'œil de l'histoire, c'est Elye Wahi qui a planté la dague dans le dos de l'OM. L'attaquant niçois avait été pisté par Marseille à plusieurs reprises ces deux dernières années. Il portera le maillot rouge et noir de Nice jusqu'à la fin de saison, et a clairement fait basculer le match dimanche soir.

Sa panenka, déjà partagée des milliers de fois sur les réseaux marseillais avant minuit, restera comme l'image de ce printemps raté. Wahi, lui, a célébré devant le parcage niçois resté seul à célébrer dans un stade complètement éteint.

Maintenant, le mois de mai

L'OM repart à l'entraînement ce lundi à la Commanderie. Habib Beye, qui doit composer avec un groupe entamé moralement, n'a plus le luxe de l'expérimentation. Il faut aligner ses meilleurs, prier, et essayer de sauver une fin de saison déjà très entamée.

Le prochain match, c'est samedi prochain à la Meinau face à Strasbourg. Un déplacement qui ressemble à un test de caractère pour un groupe qui a besoin, plus que jamais, de retrouver de la sérénité avant de recevoir Toulon mi-mai.

Côté direction, on se prépare déjà à l'après. Plusieurs noms d'entraîneurs circulent depuis quelques jours dans la presse spécialisée, signe que la confiance accordée à Beye n'est plus totale. Pablo Longoria, président discret depuis plusieurs semaines, devrait sortir de son silence après la fin du championnat.

L'épopée européenne de la saison passée semble loin, ce lundi matin sur la Canebière. Les cafés du Vieux-Port ne parlaient que de ça à l'ouverture. Personne ne savait vraiment quoi en penser.

Partager