Le Havre-OM ce dimanche soir : Beye joue ce qui lui reste de crédit au stade Océane
Septieme de Ligue 1 et a 5 points de Lille, l OM joue gros au Havre ce dimanche 10 mai a 21h. Avec un effectif decime, Habib Beye doit prouver qu il est encore l homme de la situation.
Par Karim Bensaïd · Journaliste
6 min de lecture

Cinq points de retard sur Lille, un vestiaire qui sort à peine de cinq jours de mise au vert, six joueurs sur le flanc et un entraîneur déjà sommé de prouver qu'il est l'homme de la situation. Voilà avec quoi l'Olympique de Marseille débarque au Havre ce dimanche 10 mai à 21 heures pour l'avant-dernière journée de Ligue 1.
Le décor est posé. Le Stade Océane n'a rien de glamour, le HAC se bat pour son maintien, et l'OM, septième au classement, ne peut plus se permettre une nouvelle contre-performance. Une défaite de plus et la qualification européenne, déjà très compromise, file pour de bon.
Pourquoi ce match au Havre est si important pour l'OM
À deux journées de la fin, Marseille pointe à la septième place. L'écart avec Lille, quatrième et premier qualifié pour la Ligue des champions, est de cinq points. Mathématiquement, ce n'est pas mort. Concrètement, il faudrait un alignement des planètes que personne, même au club, n'ose plus annoncer.
L'objectif réaliste, désormais, c'est l'Europe par la petite porte. Une place en Ligue Europa ou en Ligue Europa Conférence, qui se joue ce week-end et le suivant. Pour ça, l'OM doit gagner ses deux derniers matchs, à commencer par celui-là, et croiser les doigts pour que Lyon, Strasbourg ou Lens trébuchent.
Cinq jours plus tôt, Habib Beye et son groupe ont vécu un Nantes-OM (3-0) qui restera dans les mémoires marseillaises. Pas pour les bonnes raisons. À la Beaujoire, l'OM n'a rien produit. Ni envie, ni jeu, ni occasions franches. Le coach lui-même a reconnu la chose après la rencontre, sans détour.
« La seule analyse possible, c'est qu'il n'y a rien eu dans notre match : pas d'envie, pas de volonté collective, pas de qualité. On a eu ce qu'on méritait. » La phrase a tourné en boucle dans la presse marseillaise pendant la semaine.
Habib Beye sous pression : un bilan qui interroge
Arrivé en cours de saison pour redresser un OM en perte de repères, Habib Beye n'a remporté que cinq de ses dix matchs sur le banc phocéen. À ce niveau, dans ce club, ces chiffres ne suffisent pas.
Pablo Longoria et Mehdi Benatia, qui ont misé sur lui, l'ont sauvé après le naufrage nantais. Du moins pour le moment. Selon les informations qui circulent à la Commanderie, le vestiaire reste froid avec son directeur du football. La cohabitation tient à un fil.
Pour Beye, le problème dépasse la tactique. Il l'a dit lui-même cette semaine : son rôle a glissé du terrain à la psychologie. Il décrit « un état d'esprit de groupe touché par ce qu'il vit » et veut le remettre debout en quelques séances. Compliqué, à dix jours de la fin du championnat.
La mise au vert imposée à la Commanderie, pendant cinq jours, a fait grincer des dents. Certains joueurs auraient préféré rentrer chez eux. Beye, interrogé sur le bien-fondé de cette mesure, a éludé la question. Pas le moment de polémiquer.

Stade Vélodrome, antre habituel de l'OM, en pleine journée de match
Une infirmerie pleine et un casse-tête pour la compo
Le coach marseillais arrive au Havre avec un effectif rafistolé. La liste des absents donne le vertige.
- Nayef Aguerd, le défenseur central marocain, out pour la fin de la saison
- Hamed Junior Traoré, en Finlande pour se faire opérer des adducteurs
- Timothy Weah, Geoffrey Kondogbia, CJ Egan-Riley et Bilal Nadir
Six joueurs, dont plusieurs cadres.
À ces blessures s'ajoutent deux mises à l'écart : Himad Abdelli et Pierre-Emerick Aubameyang ne sont pas du voyage. Ce qui réduit encore les options offensives de Beye.
Bonne nouvelle dans ce paysage gris : Geronimo Rulli est de retour à l'entraînement et devrait reprendre sa place dans les buts. La défense, elle, devrait être composée de Pavard à droite, Balerdi et Medina dans l'axe, Emerson à gauche.
Au milieu, le duo Hojbjerg-Vermeeren se profile. Devant, Beye devrait s'appuyer sur Greenwood, Timber et Paixao en soutien d'Amine Gouiri en pointe. Une équipe diminuée mais théoriquement encore capable de plier un match contre une équipe de bas de tableau.
La fracture Greenwood, l'autre dossier brûlant
Mason Greenwood, recruté à grands frais l'été dernier, ne fait plus l'unanimité. Selon plusieurs sources internes au club, ses relations avec une partie du staff se seraient tendues ces dernières semaines. Le mot « fracture » est même apparu dans certains articles de la presse spécialisée.
Sur le terrain, l'Anglais reste l'un des rares à produire du jeu. En coulisses, l'ambiance serait moins fluide. Pour Beye, l'équation est simple : il a besoin de Greenwood titulaire, mais il doit aussi tenir un groupe qui n'a pas digéré la défaite nantaise.
Dans son discours d'avant-match, le coach a parlé d'orgueil et d'amour-propre. Des mots-clés qui résonnent particulièrement à Marseille. Le Vélodrome ne pardonne pas grand-chose, mais une victoire au Havre permettrait au moins de partir sereinement vers la dernière journée.
Le Havre, un adversaire qu'il faut prendre au sérieux
En face, Le Havre n'est pas dans une situation confortable. Quatorzième de Ligue 1, le club normand reste pourtant sur cinq matchs nuls consécutifs. Une série qui montre que les hommes de Didier Digard sont durs à manœuvrer.
Une victoire ce dimanche assurerait mathématiquement leur maintien. C'est dire la motivation que vont mettre les Havrais sur leur pelouse, devant leur public. Le Stade Océane, plein à craquer pour ce match capital, ne sera pas un terrain accueillant.
Côté composition probable, Le Havre devrait s'appuyer sur Diaw dans les cages, une défense à quatre avec Sanganté, Seko et Gauthier Lloris dans l'axe. Devant, Boufal en soutien de Samatta et Soumaré, avec Nego et Zouaoui dans les couloirs. Un bloc compact, dur à manier, qui cherchera à ne pas perdre.

Vue aérienne du Stade Vélodrome, antre marseillais
Ce que ce match peut changer pour la fin de saison de l'OM
Si l'OM gagne au Havre, tout reste ouvert pour la dernière journée. Une qualification en Coupe d'Europe est encore atteignable, à condition que les concurrents directs lâchent du lest. La pression sur Beye se relâcherait un peu, le temps d'un week-end.
Si l'OM perd, ou même fait match nul, le scénario se resserre vite. La saison serait alors résumée à une dernière journée pour sauver les meubles, devant un Vélodrome qui ne se contentera pas de bons sentiments.
Pour les supporters marseillais, qui ont vu leur club enchaîner les déconvenues depuis février, la patience est devenue une denrée rare. Sur les forums et les groupes Facebook de fans, la lassitude prend le pas sur la colère. Beaucoup demandent simplement un signe. Un sursaut. Un peu d'envie.
Habib Beye le sait. Sa carrière de coach, qu'il a démarrée à Marseille, peut basculer ce soir. Cinq victoires en dix matchs, ce n'est pas suffisant pour un club comme l'OM. Une bonne prestation au Havre, suivie d'un final propre la semaine prochaine, lui laisserait une chance de continuer.
À 21 heures, sur la pelouse du Stade Océane, on saura déjà beaucoup de choses sur la fin de cette saison phocéenne. Et un peu, aussi, sur l'avenir du banc.


