Port-de-Bouc : le chef de la police municipale suspendu après une vidéo
Une vidéo montre une voiture de la police municipale fonçant sur trois lycéens qui manifestaient devant le lycée Jean-Moulin le 2 octobre. Le chef de service est suspendu et convoqué à un entretien préalable.
Par Thomas Reynaud · Journaliste
2 min de lecture
Le chef de la police municipale de Port-de-Bouc est suspendu de ses fonctions. Il est mis en cause par une vidéo montrant un véhicule de la police municipale fonçant à vive allure sur trois lycéens qui manifestaient devant le lycée Jean-Moulin, le vendredi 2 octobre. Un entretien préalable à une sanction disciplinaire est prévu. L'information a été révélée par Marsactu, avant d'être reprise par 20 Minutes et France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Que montre la vidéo ?
Les images ont été diffusées sur les réseaux sociaux par le collectif Cerveaux non disponibles. Elles ont été tournées aux abords d'un rassemblement lycéen devant le lycée Jean-Moulin, établissement professionnel de la commune.
La séquence se décompose en trois temps :
- un demi-tour du véhicule de la police municipale à vive allure ;
- une accélération en direction de trois lycéens, qui courent pour éviter la voiture ;
- le départ immédiat du véhicule.
Les faits se sont produits dans le cadre du mouvement de protestation des lycéens, qui a donné lieu à des blocages et à des manifestations dans plusieurs établissements du département.
Que dit la mairie de Port-de-Bouc ?
La municipalité ne conteste pas le déroulé de la scène. Elle juge l'intervention du véhicule disproportionnée et reconnaît que l'accélération a mis en danger des jeunes présents aux abords de la manifestation, selon les éléments rapportés par 20 Minutes et France 3.
La mairie relie par ailleurs la présence du policier municipal sur place à des départs de feu de poubelles ou de conteneur signalés devant un lycée de la ville. Les deux rédactions divergent sur le moment et sur l'établissement concernés : ce point reste donc à préciser. La commune qualifie l'épisode de choquant.
Quelles suites administratives ?
La suspension a été décidée par la mairie après la diffusion de la vidéo. Il s'agit d'une mesure conservatoire : elle écarte l'agent de son service sans valoir sanction. Le fonctionnaire doit ensuite être reçu pour un entretien préalable à une sanction disciplinaire, étape obligatoire avant toute décision de l'autorité territoriale.
Aucune sanction n'est à ce stade prononcée, et la nature de celle qui pourrait l'être n'est pas établie par les deux récits concordants. Les mises en cause d'agents ou d'élus locaux nourrissent régulièrement le débat public dans le département, comme le prêt de matériel du centre de secours contesté à Aubagne.
Que sait-on de l'agent concerné ?
Le fonctionnaire visé dirige la police municipale de Port-de-Bouc. Il était seul dans le véhicule au moment des faits. Son identité n'a pas été rendue publique, et aucune information sur une éventuelle procédure judiciaire parallèle n'est confirmée par les deux sources.
À ce jour, le chef de la police municipale de Port-de-Bouc demeure écarté de ses fonctions.
