Budget de la Métropole Aix-Marseille-Provence : un vote sous tension ce jeudi
Le conseil métropolitain se prononce ce jeudi 10 septembre sur une modification du budget 2026 portée par Nicolas Isnard. Le déficit atteint 144 millions d'euros et la gauche annonce qu'elle votera contre.
Par Thomas Reynaud · Journaliste
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Les 238 conseillers de la Métropole Aix-Marseille-Provence se prononcent ce jeudi 10 septembre sur une modification du budget 2026. Le texte est porté par le président de la Métropole, Nicolas Isnard (LR), qui a maintenu la séance malgré les demandes de report formulées par la gauche. Le déficit à combler s'élève à 144 millions d'euros, indiquent France 3 Provence-Alpes et Made in Marseille.
Pourquoi la Métropole n'a-t-elle pas de budget voté ?
Après les élections municipales, les élus métropolitains ont refusé en avril de voter le budget de la collectivité. Depuis, c'est la copie établie par les services de l'État qui s'applique et qui régit les dépenses de l'institution.
La modification soumise au vote ce jeudi vise précisément à remplacer ce document. Elle change la nature des économies retenues pour ramener les comptes à l'équilibre.
Quelles sont les deux options sur la table ?
Deux leviers, aux effets très différents selon les communes, structurent le débat depuis le printemps :
- la baisse des attributions de compensation, les sommes que la Métropole reverse aux communes, retenue dans la version en vigueur depuis avril ;
- la baisse des dotations de solidarité communautaire, qui corrigent les écarts de richesse entre communes, privilégiée par Nicolas Isnard.
C'est ce second scénario qui pèse le plus sur Marseille : la ville y perdrait 36 millions d'euros, selon France 3 Provence-Alpes et Made in Marseille. À l'inverse, la baisse des attributions de compensation touche davantage d'autres communes du territoire. Le calendrier de ce bras de fer avait déjà été fixé au printemps, quand Nicolas Isnard disposait de dix jours pour boucler le budget métropolitain.
Pourquoi le vote est-il si incertain ?
Pour être adopté, le texte doit réunir les deux tiers de l'assemblée métropolitaine, soit une majorité large parmi les 238 conseillers. Or le groupe de gauche, fort de 87 sièges et emmené par les élus marseillais, a annoncé en début de semaine qu'il ne voterait pas la copie du président et réclamait le report de la séance.
Ces élus plaidaient pour une autre voie : voter un budget en déséquilibre afin de rouvrir la discussion avec la chambre régionale des comptes et étaler la résorption du déficit sur les exercices suivants. Cette option n'a pas convaincu au-delà de leurs rangs.
Le groupe d'extrême droite n'a, lui, pas dévoilé son intention de vote. Son président, le conseiller municipal de Marseille Jean-Baptiste Rivoallan, oppose une fin de non-recevoir à toute hausse de la fiscalité, qu'elle vise les entreprises ou les particuliers. Une abstention ou un vote contre de ce groupe compliquerait mécaniquement l'adoption du texte.
Que se passe-t-il si le budget est rejeté ?
En cas de rejet, la Métropole continuera d'exécuter le budget établi par les services de l'État en avril, celui qui repose sur la baisse des attributions de compensation. Aucun budget n'aura alors été adopté par les élus depuis les dernières municipales.
Quelle que soit l'issue du scrutin, la question fiscale reste posée : les deux sources s'accordent sur le fait qu'une hausse des impôts est difficile à écarter pour redresser les recettes. Le conseil métropolitain se réunit ce jeudi 10 septembre.

